Le blog d’un libriste qui a la niaque !
10 légendes urbaines sur GNU/Linux à oublier …
J’entends sans cesse des remarques fausses de beaucoup de mes connaissances …
Je vais donc les résumer ici, les lister, et prouver ensuite point par point qu’elles sont fausses ou du moins sans fondement.
- Il est compliqué d’installer GNU/Linux.
- Il est compliqué d’utiliser GNU/Linux.
- Il est compliqué d’installer des logiciels sous GNU/Linux.
- C’est pas compatible avec Windows ou Mac.
- Si on est pas informaticien, au premier problème on est bloqué.
- C’est que de la ligne de commande, GNU/Linux.
- On peut pas jouer sous GNU/Linux !
- J’ai mon matériel qui marche pas, c’est la faute à GNU/Linux, parce que sous Windows ça marche !
- C’est pas sécurisé, GNU/Linux, parce que c’est libre.
- C’est pas fiable, GNU/Linux, parce que c’est gratuit.
Reprenons chacun des points.
- Non, ce n’est pas plus compliqué que d’installer Windows. Sauf que le Windows vous n’avez jamais eu à l’installer. Dans les deux cas (et même une installation de Mac OS X), les étapes sont toujours les mêmes. La seule étape difficile c’est le partitionnement, c’est à dire comment vous allez organiser votre ou vos disque(s) dur(s) pour y mettre GNU/Linux. Mais vous avez la même question pour l’installation de n’importe quel système d’exploitation.
- Euh, vous savez lire des menus ? Qui sont en français ? Vous savez ouvrir et fermer des fenêtres sous Windows ? Alors vous savez utiliser GNU/Linux. Bien sur, les programmes ne sont pas les mêmes, mais permettent les mêmes choses. Faut juste réapprendre à utiliser vos nouveaux logiciels. Le plus gros soucis va être de perdre les mauvaises habitudes prises sous Windows. Les utilisateurs de Mac OS X n’auraient aucun problème à passer sous GNU/Linux par exemple.
- NON. Vous n’avez pas à télécharger des logiciels sur des sites douteux avec peut-être des virus dans les fichiers. Ici plein de logiciels sont installés de base, et pour les autres, suffit de savoir leur nom (si ce n’est pas le cas, allez sur Framasoft), de cocher, et de valider. Sisi, c’est vrai, regardez :
C’est même classé par genre, avec une petite description. - Alors ça dépend de ce que vous entendez par compatible. Effectivement, des .exe de Windows ou des .app de Mac OS X ne fonctionneront pas sous GNU/Linux. Cela dit, il y a quasiment toujours des équivalents, et on peut même faire tourner des .exe de manière via un petit logiciel appelé Wine. Pas fiable à 100% (Windows est très obscur et personne ne sait exactement comment il fonctionne) mais un véritable exploit ! J’ouvre des documents Word, je récupère mes mails, j’ouvre des pdf, des zip, des mp3 … sans aucun soucis !
- Il y a autant de documentation et de communautés d’aide actives que pour Windows. En plus, les GULL (Groupes d’Utilisateurs de Logiciels Libres) sont des groupes locaux, il y en a surement un près de chez vous, et ils aident volontiers en cas de soucis ! Il y a des communautés d’aide pour toutes les grandes distributions, et en français !
- Ah, ligne de commande ? Vraiment ?
Ben ouais, y a encore, et y aura toujours, mais c’est tellement puissant que ça serait stupide de l’enlever. - Sisi, on peut. Y a des jeux qui tournent nativement sous GNU/Linux, comme ceux basés sur le moteur de Quake 3, comme Urban Terror, Enemy Territory, mais aussi des jeux comme Neverwinter Nights, Unreal (la série complète a toujours fourni un installeur pour GNU/Linux)… Et pis sinon, avec Wine encore, on peut se débrouiller :



- Non, c’est pas GNU/Linux le responsable. Ce sont les constructeurs, qui ne font pas de pilote ou de driver pour certains matériels. Et ne fournissent pas de spécifications pour que les hackers/nerds/geeks ne fassent pas un pilote libre. Si vous tentez d’installer GNU/Linux sur une machine où tout le matériel est connu et fonctionnel avec des pilotes libres, tout marchera dès la fin de l’installation. Sous Windows, il faudra toujours (en dehors des Windows préinstallés) installer les pilotes vous mêmes.
- Justement. Parce que c’est libre, n’importe quel développeur peut participer. Ce n’est pas anarchique, il y a des équipes (généralement composées par les créateurs originaux du logiciel libre en question, ces derniers en font souvent partie) qui décident quelle correction est parfaite et intégrée au logiciel, et laquelle n’est pas bonne et est rejetée. Les rapports d’erreurs, de plantages, se font souvent via des outils très pratiques. De plus, voir le code source permet d’identifier des failles de sécurité beaucoup plus rapidement que si le source est inconnu.
Et d’ailleurs, ne croyez pas que ne pas donner le code source signifie que votre application est sécurisée, c’est faux. La plupart des hacks se basent sur une faille dans l’exécution du programme, et pour cela, le code source n’est pas indispensable. Par contre, du coup, y a que l’équipe de base qui peut voir et corriger les failles dans les logiciels où le code source est fermé. Alors que dans un projet libre, le nombre de participants peut être beaucoup beaucoup plus grand, d’où plus de réactivité, des bugs plus vite corrigés…
Prenez l’exemple de Firefox et d’IE. IE a moins de failles très critiques sur un an, mais les failles critiques de Firefox sont corrigées bien bien plus vite. Résultat, un an d’utilisation d’un Firefox à jour c’est environ 9 jours de navigation avec un navigateur potentiellement piratable. Avec IE7, c’est plus de 200 jours passés avec au moins une faille critique non corrigée… - La gratuité n’a rien à voir avec la qualité. Quand un bénévole de la croix rouge intervient, il intervient aussi bien et avec la même aptitude qu’un médecin payé. Peut-être mieux, même, car il agit par passion. Dans le logiciel libre c’est la même chose. Beaucoup de développeurs participent à des projets libres par passion. C’est un potentiel de développement très grand, et comme ces développeurs sont aussi utilisateurs, ils corrigent les bugs qu’eux ont rencontrés, donc d’abord pour eux, parce qu’ils peuvent le faire et veulent le faire, et ce faisant en font profiter plein d’autres gens.
C’est assez égoïste au départ comme démarche (« je corrige un bug que MOI je rencontre, pour que MOI je l’ai plus »), mais comme le code source est ouvert, et que la licence oblige les gens à indiquer leurs modifications aux développeurs originaux, comme les corrections de bugs, par exemple, et bien tout le monde en profite. La qualité est donc bien souvent au moins aussi bonne que celles des équivalents propriétaires.
A tout cela, j’ajouterais que libre ce n’est pas forcément gratuit, et que l’inverse est vrai aussi. Je vous affirme aussi qu’en 5 ans, GNU/Linux a bien plus évolué que Windows, rattrapant son retard de 10 ans (le noyau Linux n’existe que depuis 91 … le dos était déjà là depuis quelques temps … le serveur d’affichage graphique est arrivé sous GNU/Linux bien plus tard que sous Windows.).
La preuve ? En 2006, avant la sortie de Vista, la plupart des distributions GNU/Linux pouvaient avoir des effets graphiques multiples et variés, les bureaux virtuels sont d’un pratique tel que je ne sais pas comment j’ai pu travailler sous un système qui ne gérait cela qu’avec un logiciel supplémentaire peu stable.
Petit rappel : les effets graphiques avancés, sous Vista, nécessitent une carte graphique dernier cri et des euros en plus (c’est pas gratuit), alors que les effets de Compiz (le logiciel qui permet d’avoir des effets semblables sous GNU/Linux) est gratuit et tourne très bien avec ma carte graphique intégrée Intel (qui est vraiment pas un monstre de puissance).
Bref, les 10 points du haut, vous oubliez, c’est du passé. Et si vous achetez un nouveau PC, et que vous voulez mettre GNU/Linux dessus sans difficulté, allez voir des assembleurs de PC qui connaissent GNU/Linux. Il y en a au moins un à Lyon et y en avait même un à Dunkerque (qui a fermé pour des raisons sans rapport avec le fait qu’il vendait des machines sous GNU/Linux, mais plutôt le fait qu’il y avait à une époque beaucoup de concurrence à dunkerque). Je ne doute donc pas que par chez vous il doit y en avoir.
Essayer, et après, retournez sous votre système habituel ou non, c’est vous que ça regarde. Mais ne restez pas bêtement sous Windows en vous disant qu’il n’y a rien d’autre de valable.
about 11 months ago
Par rapport à la phrase « IE a moins de failles très critiques sur un an, mais les failles critiques de Firefox sont corrigées bien bien plus vite. » J’aurai précisé « failles très critiques découvertes / connues ».
about 11 months ago
Et je rajouterai :
Un peu plus d’eau au moulin : http://linuxfr.org/2009/04/08/25283.html
about 11 months ago
Héhé les grands esprits se rencontrent :D
about 11 months ago
Tout est vrai, mais je mets quand même sérieusement en doute le point 3. Quand ça marche c’est aussi simple que ça, mais regardons la vérité en face, ça déconne trop souvent.
about 11 months ago
Le point 3 concerne l’installation de logiciels, et ça déconne pas :)
about 11 months ago
C’est vrai, l’installation se passe toujours bien. C’est après que ça se gâte.