Le blog d’un libriste qui a la niaque !
Et la liberté d’expression ?
Il y a quelques mois déjà, j’avais eu un soucis avec l’auteur d’un des sites qui apparaissait dans ma rubrique « sites de merde ».
A l’époque je m’étais contenté de supprimer le billet, le but de cette catégorie n’était pas d’argumenter mais juste de dire que les sites indiqués étaient une horreur aux yeux d’un développeur web. Je m’attachais surtout à la qualité du code dans mes appréciations. Ensuite, il y avait eu courrier, menace de porter l’affaire devant un juge, suite à ma critique sur le site d’une boîte de création de sites. C’était avant mai 2007. Mois où justement, une connaissance lyonnaise a vu le site et l’a critiqué également.
Puis on arrive de nos jours, en mai 2008, un an après l’écriture du billet. L’ami en question, il y a peu, a reçu une lettre d’avocat où il était dit que Mr X (appelons le comme ça) avait décidé de porter l’affaire devant les tribunaux, expliquant qu’il y avait injure et diffamation.
L’ami va donc modifier l’article en question pour n’y laisser qu’une critique argumentée, comme un critique de cinéma à la TV dirait « je n’aime pas le film Z parce que X et Y ». Et normalement, pas de poursuites (la critique fait partie de la liberté d’expression, et est inaliénable…)
En ce moment, du coup, je me pose des tas de questions.
Par exemple est-ce que la loi française actuelle est capable de traiter de pareilles affaires ? Est-ce que, comme un boulanger doit avoir sa formation avant d’exercer, on pourrait obliger les personnes se proclamant développeur Web à montrer patte blanche et formation ?
Car honnêtement, le site en question est dépassé, mal fait, peu référencé à cause de la soupe que c’est au niveau du code … Les techniques que l’on y trouve ont au mieux 8 ans, et un développeur Web, un vrai, ne peut se permettre d’avoir 8 ans de retard sur les bonnes pratiques.
En effet, l’actualité, la veille sur les évolutions des techniques, des langages, c’est tout ce qui fait le charme de ce métier (et qui justement fait du développement Web un métier à part entière), où l’on apprend tout le temps. Et le réalisateur de ce site, quand il l’a réalisé, ne se souciait que trop peu des normes, des standards, et de l’accessibilité pour être un *vrai* développeur web aux yeux de beaucoup de gens, dont les miens et ceux de Samy, l’ami en question poursuivi par Mr X.
| Cette entrée a été posté par segle le 31 mai 2008 à 11:21, et placée dans Coups de gueule, Le Monde. Vous pouvez suivre les réponses à cette entrée via RSS 2.0. Vous pouvez laisser une réponse, ou bien un trackback depuis votre site. |
about 2 years ago
Si ses sites sont une insulte au développement, il n’en n’est pas moins vrai que la société de m X peu encore exister car il y a des clients (conscient ou non d’acheter de la contrefaçon) pour acheter ce type de prestation. J’espère seulement que le prix est fonction de la qualité de réalisation.
Comme pour tout j’ai bien l’impression qu’il faudrait des labels qualités, un engagement de la part des prestataires. J’avais comme projet de créer un site regroupant les bonnes pratiques, (développement, webdesign, marketing, etc.) mais pour que celles-ci soient appliquées et pour que ce « label » est un jour une vraie valeur…
about 2 years ago
Qualifier un « Site [comme étant] de merde » est injurieux, même si c’est vrai. Argumenter ensuite (ou pas) n’y change rien.
Je mets ma tête à couper que l’avocat ne niera pas la mauvaise qualité du site et mettra plutôt en avant le préjudice en terme de communication.
about 2 years ago
Point important quand on reçoit une lettre d’avocat: vérifier en cas de menaces de poursuite qu’il y a bien une indication indiquant son droit d’être assisté par un avocat.
Un article du blog de maître éolas que je ne saurais que trop conseiller: http://www.maitre-eolas.fr/2008/03/25/909-que-faire-quand-on-recoit-un-courrier-d-avocat