1 juillet 2008

Sur les toits.

Une cloche retentit au loin, accompagnée d’éclats de voix. Je savais qu’ils m’étaient destinés, alors que prestement j’atterissais sur un toit proche.

La lune n’était pas pleine, et masquée par des nuages. De plus il y avait peu de vent. J’avais attendu une nuit comme celle-ci depuis longtemps, car sans lumière, j’avais l’avantage de pouvoir profiter du moindre recoin pour me cacher aux yeux de mes poursuivants. On m’avait promis cher pour ce que je venais de dérober.

Je me stoppais derrière deux grosses cheminées qui me masquaient aisément, pour contempler l’objet. Une sorte d’oeuf géant, entièrement en or, incrusté de rubis et de saphir, des symboles étranges gravés sur le pourtour. Je ne savais pas à quoi ça pouvait servir ni pourquoi un bijoutier avait du réaliser cela (même si on l’avait payé car ce truc n’était vraiment pas beau). Je me disais que de toute façon, tant qu’on me payait, peu m’importe que ce soit beau ou non. Je rangeais l’objet et m’apprêtais à repartir quand j’entendis un bruit. Le bout d’une arbalète dépassait de la cheminée à ma gauche. Je me figeai, attendant le bon moment.

Le reste de l’arbalète apparut, puis des grosses mains vertes, tremblantes. Lorsque vint la manche, et que l’arbalète n’était toujours pas pointée vers moi je fus soulagé. Un débutant. La légion engageait n’importe qui depuis peu. Ce n’est pas comme si de pauvres légionnaires sous payés pouvaient arrêter un grand voleur comme moi. Je traînais à Almalexia, la capitale de Morrowind, depuis de longues années. J’avais déjà eu des soucis avec la Confrérie Noire, la Camonna Tong, enfin vous voyez, le genre d’organisation avec qui on aime pas avoir de problèmes. Par contre, la légion, jamais eu de soucis.

Alors que l’Orc (car c’en était un) avait le groin qui dépassait du profil de la cheminée, je fis une roulade, sortant ma dague. Surpris, il n’eut pas le réflexe de tirer, paralisé. J’en profitai pour remonter plutôt ma main vers sa figure, ce qui engendra un « crac » peu agréable à l’oreille, en le poussant du pied vers le bas du toit. Je m’accroupis ensuite de l’autre côté du toit, pour éviter tout carreau accidentellement tiré pendant la chute. Mais je n’entendis pas de chute, et je le vis se reprendre, remonter sur le toit, sans l’arbalète. Il dégaina une hache en hurlant « J’l'ai trouvéééééé ! », la gueule maculée de sang, surement à cause de l’uppercut dans la machoire qu’il s’était pris quelques secondes plus tôt.

Je fus surpris à mon tour mais contrairement à lui j’avais l’expérience. Sa hache ne rencontra que la cheminée lorsqu’il voulut me blesser et alors qu’il se retrouvait sans arme je le poussai à nouveau du pied et ce coup-ci il bascula en hurlant. Encore un crac, puis plus de bruit.

Je repris ma fuite sur les toits, sans un bruit, me faufilant d’ombre en ombre. Je ne m’arrêtais plus sauf pour écouter les déplacements des légionnaires. Je remarquai, quand j’arrivai au temple des Tribuns, caché dans les sous sols de la cité, mon contact. Un autre grand elfe noir, comme moi, convaincu que les Tribuns n’étaient pas morts. Que le Nérévarine ne les avaient pas tués. Notre ordre l’avait déjà fait payé personnellement ses actes. Le Nérévarine n’était plus. Et les Tribuns allaient revenir. C’était une question de temps.

Je m’approchai un peu moins prudemment, quand j’approchai de Tung. Ses yeux rougeoyaient dans l’Ombre, sa peau couleur nuit et ses cheveux blancs ne détonnaient pas avec l’ambiance lugubre des lieux. Je lui ressemblait beaucoup, quoi qu’un peu moins musclé mais plus agile. Je le saluai, et il me tendit une bourse pleine de septims quand je lui tendis l’objet que j’avais dérobé.

« Bon boulot, Hegyath. Tu seras ravi de savoir que l’Ordre a encore du boulot pour toi. »

Il semblait content.

« On a trouvé une piste pour le Coeur de Vivec, on sait où il est. On va pouvoir ramener le premier des 3 tribuns. Il y a un mage à nous qui te téléportera à Balmora, sur Vvarfendell. De là, prends le bateau vers Tel Branora. Il y a d’anciennes grottes dans les montagnes de la région. L’une d’elles est une de nos planques. Tu y trouveras des gens qui te diront où chercher. »

Il me tendit une autre bourse.

« Un petit extra, car tu as si bien fait que personne ne soupçonne l’Ordre. Tu mérites bien ça. Pars maintenant. »

Sa voix résonnait encore dans ma tête quand je m’avançai dans la cathédrale souterraine pour aller vers la chapelle. Le mage semblait m’attendre. Un vieux, peu de cheveux sur le caillou. Le visage bousillé par les années. Je me demandais toujours pourquoi nous faisions appel à des mages qui n’étaient pas dunmers. Ils était meilleurs, certes, mais aussi moins sûrs à mon avis.

Quand le sort fit son effet, un haut-le-coeur me prit, comme à l’habitude, et j’atteris pris de nausées dans notre planque de Balmora, dans le sous sol du Club des Six, un repaire de brigands et de voyous. Il fallait que je prenne le bateau, maintenant. Rah, et dire que j’ai le mal de mer…

(suite peut-être une autre fois)

16 juin 2008

Une nuit pas comme les autres

Je me réveillai patraque. Enfin pas plus plus que d’habitude, se shooter à la coke ça ne pardonne pas au réveil.

Je m’étirai, entendant mes os craquer. Je m’habillai en vitesse pour sortir de mon lit. Mon appartement était plongé dans l’obscurité, mais cela ne me dérangeait guère. Je vivais la nuit, désormais, changement de job oblige, et ça ne m’avait guère dérangé, j’aimais la nuit.

Dehors, le teint pâle de certaines personnes que je croisais m’effrayait un peu. C’est pas que je craignais de tomber malade, mais j’avais néanmoins gardé mes habitudes d’ancien malade chronique. J’avais été guéri depuis, j’avais déménagé, tout s’était arrangé. Enfin presque tout. Cela faisait 10 ans que je bossais pour un vieux bonhomme, du genre intellectuel, bien sapé, snob… Il me semblait toujours bien étrange, surtout que pour je ne sais quelle raison il était aussi bien éveillé que moi durant la nuit. J’ignorais tout de son boulot, mais je savais qu’il avait de la thune.

Avec d’autres gros bras, on avait pour boulot de garder sa demeure, une énorme villa hors de la ville. L’architecte avait du être aussi shooté que moi pour pondre une bâtisse pareille, complètement tordu, avec des tours et des pseudo-donjons partout. Il y avait même des souterrains, et les jardins étaient criblés de statues de bestioles plus moches les unes que les autres. Notre employeur nous avait donné comme consigne de toujours rester vigilant. De revérifier plusieurs fois les ombres si on y avait entendu du bruit mais rien vu.

J’y bossais depuis 4 mois. J’avais d’abord été instructeur pour la police, j’enseignais le close combat aux jeunes recrues, jusqu’à ce que la maladie me touche. J’aurais jamais cru que je ferais parti des séropositifs un jour. J’ai toujours regretté d’avoir couché avec cette jolie brune à la sortie d’une boîte. Je ne me souviens pas de la nuit d’après. C’est pendant des examens habituels que les médecins eurent un doute et découvrirent mon état. J’ai décidé de quitter mon job pour suivre un traitement et quelques mois plus tard je rencontrais par hasard mon employeur actuel.

Un de ses vigiles était grièvement blessé, et délirait en parlant de démons et de griffes. Effectivement, il semblait gravement blessé sur le torse, de ce que je pus voir avant de voir la porte se fermer et cet étrange bonhomme me parler. Il fut intéressé très vite lorsque je lui ai raconté ma vie. Et il m’a dit qu’il avait un remède. J’étais désespéré. Je l’ai cru. Et j’ai eu raison. Le liquide qu’il me fait boire régulièrement depuis me fait un bien fou. Je suis toujours séropositif d’après les médecins, mais ils ne s’expliquent pas comment je peux me sentir bien.

Bref, vous comprenez que depuis je l’ai suivi dans sa nouvelle demeure. J’ai aidé aux déménagements de ses affaires, de vieux bibelots usés, des armes de collection, spécialement des épées en argent ou d’autres serties de gemmes et pleines de gravures dans un langage que je connaissais pas. Il avait décoré les souterrains de cercueils, de toutes formes, toutes tailles. Les tableaux qu’il avait étaient tous étranges, parfois sordides, parfois tristes, souvent effrayants. Et ce soir, lorsque je franchis les grilles de la demeure et me dirigeai vers mon poste, je souris, car ma nouvelle vie me plaisait vraiment.

Je commencai ma ronde, comme d’habitude. Notre boss ne m’avait jamais dit son nom, sa boite aux lettres n’en avait pas. Il serait absent au début de la nuit, car il avait apparamment une réunion mondaine à laquelle il devait aller. La nuit était calme. La lune pleine éclairait très bien les alentours, et les ombres se faisaient plus rares que d’habitude. Je croisais un collègue, lui faisant un petit salut. Puis soudain, j’entendis un rugissement, dans un bosquet (la demeure était parsemée de petits arbustes et de forêts). Une forme se dirigeait vers la demeure, et un de mes collègues était tout près.

Sans qu’il eut le temps de réagir, et alors que je m’élançai vers la forme, mon collègue n’était plus qu’un tas de chair rougeoyant. Je me stoppai, effrayé. La forme commençait à frapper contre le mur de la demeure. Je sortis l’arme que nous avions tous obtenu de notre employeur et la pointait vers la créature. Car c’était bien cela. Très grande, massive, musclée, et pleine de poils gris, de griffes, de crocs, de rage … Je tirai.

*pssscchhh*

Le son que produisit ma balle en pénétrant la chair de cette chose m’étonna, et la créature hurla dans la nuit. Je compris alors ce que c’était mais ça ne pouvait pas être vrai ! Impossible ! Mais par réflexe, alors que la créature avait fait mine de commencer à descendre, je courai vers des collègues, pour que l’on soit plusieurs à blesser le loup-garou. Car ça ne pouvait être que ça. Et ma balle l’avait juste blessée, pas tuée. Loin de là.

Je sentais les pas lourds de la créature dans mon dos. Elle me poursuivait. Je tournai sur l’angle de la demeure, entendit des griffes crisser sur le sol derrière moi. Le loup garou glissait sur les pavés marbrés du chemin. Des collègues arrivaient, ainsi que trois personnes que je n’avais pas vu jusque là. Ils semblaient se déplacer très rapidement, et ils fonçaient droit vers la créature. Je leur fis signe de s’arrêter, qu’ils n’auraient aucune chance, quand je remarquais un détail. Alors qu’ils couraient vers moi, les yeux se mirent à rougeoyer, des griffes remplacaient leurs ongles, et je levai mon arme.

Je fus alors envoyé bouler par l’un des trois trucs, et je les vis affronter la créature. Je ne comprenais pas. Ils n’étaient pas des monstres, comme elle ? Mes collègues allaient intervenir, quand un autre loup garou arriva derrière eux, le museau fumant, de la bave sur les babines. Je visais et vidais mon chargeur sur la bête, les alertant ainsi du danger qui venait vers eux. Ils tirèrent également mais furent vite réduits en petits morceaux de chair sanguinolente. Je dus faire d’immense effort, et me concentrer sur le rechargement de mon arme pour ne pas vomir. Je tirai à nouveau un chargeur complet sur la créature. Cela la ralentit.

C’est alors que je jetai un coup d’oeil sur l’autre loup-garou. Il était encerclé par les trois choses qui arrivaient avec peine à le combattre. Je rechargeais à nouveau, tirais sans m’arrêter sur le loup garou blessé. Chaque balle semblait le ralentir davantage, il semblait de plus en plus hésitant mais … il fonçait toujours vers moi. Je me mis à courir, encore. Je n’avais plus de chargeurs. Il y en avait dans la salle de repos des gardes, dans l’arrière du jardin. En y fonçant, je cherchai les clefs. Derrière moi, encore, des pas lourds, mais plus lointain. J’ouvrais en vitesse la porte, me demandant comment je parvenais à garder mon sang froid. La créature ne pouvait pas passer par la porte, mais le bois de l’abri ne tiendrait pas longtemps. Je trouvais d’autres chargeurs, les mit dans ma poche sauf un que je mis dans l’arme.

A nouveau, je vidais un chargeur. La créature broncha, hurla à nouveau, ce qui était assourdissant d’aussi près, quand elle fit une drôle de « tête » si l’on pouvait dire ça. Puis elle chercha à sortir, et je la vis littéralement décoller du sol, projetée à quelques mètres, par l’une des choses qui avait attaqué l’autre. J’allais crier, quand l’aspect de l’autre personne redevint normal, et qu’elle me tendit un fusil à pompe, et des balles d’une couleur inhabituelle.

« L’argent, ça marche mieux. Couvre-moi. »

Et il se changea à nouveau, pour affronter la bête. Je sortis, machinalement, chargeant l’arme. Le combat entre ces deux monstres était impressionnant. Le loup garou était plus grand et plus fort, mais l’autre plus rapide, plus vif, plus réfléchi. J’attendis une ligne de mire, en m’approchant près, et je tirai. La déflagration fut grande, et le loup garou eut visiblement vraiment mal ce coup-ci. L’autre put alors le griffer profondément dans le cou pendant qu’elle tombait. Je tirais encore quand l’autre me stoppa d’un geste.

« Faut s’occuper de l’autre. Viens. C’est presque fini. »

En effet, l’autre loup-garou était bien abîmé par les coups de griffes des deux autres trucs. Je chargeai mon arme, m’approchant en courant. Une fois tout près, je tirai. La bestiole tomba, et les trois furent sur elle, la déchiquetant. Puis tous, quand la bestiole mourut, reprirent un aspect tout ce qu’il y avait de plus humain. On y discernait juste certains traits animaux.

« T’as bien bossé, mon gars. Je crois que son Excellence va être content de toi. T’auras peut-être même une grosse récompense. »

Quelques minutes plus tard, en effet, mon boss revenait, apparamment calme mais inquiet. Il regarda les autres corps dans ses jardins, que les « trucs » étaient en train de déplacer. Il me fixa d’un oeil étrange.

« Je crois que je te dois quelques explications. Sans toi, j’aurais peut-être perdu plus de subordonnés. »

Le soir même, il me parla de beaucoup de choses. Lui même était un vampire, d’après ce qu’il me dit. Et c’était bien des loups garous, ne sachant pas qu’il ne serait pas chez lui et qu’il avait d’autres vampires comme gardes, qui nous avaient attaqués. Il m’expliqua que les vampires n’étaient pas comme dans les films. La plupart ne tuait pas les humains, car sinon ils mettaient en danger leur existence. En effet, les vampires ne sont pas tout à fait immortels. La lumière, quelques balles au phosphore, et finie la vie éternelle. De plus, lui et les siens n’étaient pas les seules créatures de la nuit, d’autres existaient. Il m’avoua enfin que si j’allais mieux depuis quelques temps, c’est parce que le médicament qu’il me donnait était en fait un peu de son sang. Que cela me renforcait, me rendait un peu plus résistant, rapide, que les mortels « normaux ». Enfin, alors que sous le choc et la fatigue ma tête me tournait, il me dit qu’il voulait me faire un cadeau, me rendre comme lui.

J’eus peur. J’hésitais pendant une semaine, continuant à garder la demeure. Etait-ce réel ? En l’observant, je m’en rendis compte, et je me demandais comment je n’y avais pas pensé avant. Et les personnes blafardes, dans les rues ? Des vampires ? Finalement, ma curiosité, la peur de mourir du sida … J’acceptai le dernier soir. Et lorsqu’il me mordit, qu’il but mon sang jusqu’à la dernière goutte, tout ce que je ressentis fut une énorme extase, et je m’évanouis.

Je repense à tout ça à l’instant, je viens de me réveiller, et je sens le changement. Depuis un mois, au fond de moi, se terre une bête comme celle que les vampires qui servaient de gardes avait montré, extériorisé. La contrôler n’est pas trop difficile, et je repense à la période pendant laquelle j’étais humain pour me raccrocher à des principes moraux. Je m’étais nourri, déjà. Une jolie étudiante, un soir. Une extase comme je n’en avais jamais connu. Ma victime avait visiblement ressenti la même chose. Je l’avais reconduite chez elle, et était retourné voir mon sire. Car c’est comme cela que l’on appelait le vampire qui vous avait étreint. C’était un vampire du clan Daeva. Nous avions pour particularité de charmer facilement, de décupler notre force, et de contrôler légèrement (du moins à mon niveau) des humains.

Le Requiem, ainsi appelait-il la non-vie éternelle qui s’offrait à nous, était longue, et certains vampires s’isolaient, tandis que d’autres se regroupaient, pour ne pas passer leur vie seuls. Mon sire avait donc régulièrement des rapports avec des gangrels, des vampires proches des animaux, et certains l’appréciaient et travaillaient pour lui.

Maintenant je fais partie de tout ça. Je ne crains plus les maladies, la famine.

La soif, par contre …

10 juin 2008

Une soirée comme une autre …

La pluie tombait sur la paroi fine et transparente qui me séparait du froid de l’hiver.

Deux ans que j’étais arrivé ici et déjà je m’étais lassé. Non pas que le climat soit en cause. Je ne m’étais juste jamais fait à ce qui était arrivé depuis que j’étais ici. C’était différent avant le Changement. Des gens simples, des guerres mortelles mais simples …

Tout avait commencé quand une comète avait heurté le soleil. D’après les scientifiques de l’époque, rien à craindre, les différentes expositions prolongées qu’allaient subir les gens n’auraient aucune conséquence. Etaient-ils au courant ? Sommes nous tous le fruit d’une volonté d’expérimentation ? Toujours-est-il qu’un blackout de trois jours eut lieu lors de la collision entre la comète et le soleil, qui entra dans une grande série d’éruptions solaires, baignant notre planète polluée de rayonnements divers et variés. Je ne suis pas scientifique, mais 10 ans plus tard les effets se montraient. Beaucoup de gens développaient des capacités pas normales, parfois horribles, souvent incontrôlables.

Les gouvernements comme les dirigeants religieux réagirent comme n’importe qui : ils eurent peur. Pendant un temps les Changés étaient poursuivis, traqués, marqués… Et finalement devant leur nombre croissant, certains pays décidèrent de les accueillir, et formèrent des unités de flics doués de capacités extra-normales. Pour ma part, ça a commencé y a 8 ans. Ma famille aurait pu me dénoncer, mais ils ne l’ont pas fait. Je ne saurai jamais pourquoi, puisque je suis parti …

Il fallait que je sorte acheter des clopes. Foutus salauds de fabricants de cigarettes … Le prix était immense, mais je n’arrivais pas à arrêter. Pire j’en avais besoin. La dépendance à la cigarette s’était développée depuis toutes ces années. Je ne pensais pas pouvoir m’en débarasser un jour. Je sortai de mon appartement, l’imper enfilé en vitesse dans les vieux escaliers de mon immeuble décrépit. J’ouvrais la porte en un grincement, et aussitôt j’entendis la pluie. Je marchais en hâtant le pas, et décidai de prendre un raccourci. Une petite ruelle parisienne comme y en a plein, avec juste de temps à autre des clochards.

Je marchais dans une flaque et jurait, je venais de salir mon pantalon. Quand je relevais les yeux, la ruelle était beaucoup plus sombre, et en quelques secondes je ne vis plus rien. J’attendis, cherchant à savoir combien il y en avait. Je concentrais de l’énergie dans ma main droite, et un nouveau sens me permit de « goûter » l’air, d’en absorber une partie, de le mettre en mouvement, de le chauffer et enfin une flamme jaillit de ma main vers l’une des créatures félines, faite d’ombre animée, qui s’apprêtait à me sauter dessus. Pendant ce temps, l’autre, surprise, me cracha dessus, et s’élança à son tour. Mais j’avais l’habitude et une autre jerbe de flamme partit de main gauche ce coup ci et explosa sur la poitrine de la créature dont les yeux rouges me foudroyaient encore alors que comme l’autre elle s’évaporait en se désagréageant, comme du vieux papier journal, dans les airs. La ruelle regagna sa clarté habituelle, et je regardais ma montre.

20h55. Putain, ce con de tabac allait fermer, j’avais plus qu’à marcher un peu …

1 juin 2008

Retour à la maison…

Un mois depuis la fois précédente où j’y étais allé. C’est pas comme si cela m’embêtait, mais la maison et la famille où j’ai grandi me manquaient tous deux.

Ces derniers mois, voir ces dernières années, j’avais eu tendance à préférer rester dans mon coin, à l’autre bout de la france, pour travailler bien tranquillement, avec des horaires flexibles, habitant à côté de mon boulot et pouvant travailler de chez moi. Lyon, c’était quand même le pied, la ville est belle, grande, il y a plein de gens sympa, je m’y suis fait des amis, et je dois le dire, je m’y sentais bien.

Le TGV file à travers champs, vallons, tunnels, la pluie tombe sur les vitres et le temps est pourri. Comme d’habitude depuis trois semaines, à croire que le soleil a pris ses vacances cette année. Je réfléchis à tout ce que j’ai vécu, et à ceux qui attendent impatiemment que j’arrive à Dunkerque. 8h30, le soleil ça aurait fait beau, mais non, dans la correspondance à Lille, j’attend dans la gare, la pluie dehors n’arrêtait plus.

Les écouteurs sur les oreilles, je ne prête pas d’attention aux gens, mais je remarque que certains d’entre eux étaient pâles. Ahah, encore une rechute de la grippe aviaire, elle nous enterrera tous !

Je monte dans le TER. Dans une heure je suis arrivé. Là encore, dans le train, on dirait que tout le monde a la crève. J’espère ne pas la chopper, pour la refiler à toute ma famille après, non merci. Je sombrais dans le sommeil, pour me réveiller au passage à la gare de bergues. Bien, j’suis arrivé dans dix minutes, il est 9h50, j’suis chez mes parents dans une heure max.

Il pleut toujours, le ciel se fait menaçant, comme si l’orage allait éclater. Je descends du train, je vais à l’arrêt de bus. Peu de monde dehors, tiens … Bah, vu le temps … Le bus arrive. Vide. Le chauffeur semble étonné de me voir, me dit quelque chose. Je monte et me met au fond. Putain de temps de merde. Le chauffeur roule. Je le vois me jeter des coups d’oeil bizarres, mais bon, pas grave, c’est pas comme si ça m’arrivait tous les jours…

Je descends aux goëlettes. Des loubards sont à l’arrêt de bus, et me regardent eux aussi bizarrement, je fais pas gaffe et monte l’escalier vers chez mes parents. Je tape à la porte. Aucune réponse. Je tape à nouveau. Ca s’entrouve. Ma soeur m’aperçoit, m’observe, ouvre grand la porte, regarde aux alentours, me tire par la manche en disant « Entre vite ! ». Je dis bonjour, et je demande pourquoi cet accueil.

« Tu n’as rien vu ? Et les infos ? », me demande ma mère.

« Euh, non, j’écoutais de la zik. », répond-je sans sourciller.

« Bon … c’est bizarre … mais régulièrement, depuis 4h du matin, y a des mecs qui choppent des maladies qu’ont disparu… genre peste, choléra, tout ça, même ceux qui sont vaccinés ! Et ces mêmes gens se mettent à attaquer tous ceux qu’ils croisent… »

Je les regarde, l’air de pas comprendre, de me demander si c’est une blague. Mais ils soutiennent mon regard. J’ai une soudaine migraine. Mais ça passe vite, puis je leur demande si je peux me changer, car je suis trempé. Ma mère déballe mon sac et me sort des affaires de rechange pendant que j’enlève mes chaussures et ma veste. Puis je prend mes affaires de rechange.

Je monte à l’étage. Mon frère est dans ma chambre d’avant, en train de jouer à la PS2. Mouais, ça, ça change pas. Je m’enferme dans la salle de bain. Je retire mes vêtements et je vais dans la douche. Je commence à siffloter, en repensant à ce qu’on vient de me dire. On se croirait dans un film catastrophe pour un peu. Ça peut pas être si grave que ça, j’aurais vu plus de choses que ce que j’avais vu.

A nouveau un vertige. Putain, saleté de temps. Je finis ma douche, me rhabille, puis je sors. Je m’apprête à discuter avec mon père quand une quinte de toux me prend. J’ai du sang sur ma main.

« Désolé » sont les derniers mots que j’ai entendu de ma bouche. Puis plus rien.

PS : Oui oui j’écris nawak, le style est naze, c’est du revu 500 fois, mais j’avais envie, et c’est mon blog, na :p